Dans un contexte de colonialisme de peuplement, les territoires ojibwe cédés du nord du Wisconsin constituent des espaces de tensions persistantes entre souveraineté autochtone, politiques étatiques et exploitation des ressources naturelles. L’étude met en lumière la manière dont la réaffirmation des droits issus des traités et la revitalisation des pratiques telles que la pêche à la lance et la récolte du riz sauvage constituent une forme de résistance à la fois juridique, culturelle et environnementale. Ancrées dans l’oralité et la spiritualité ojibwe, ces pratiques participent à la reconfiguration de modes de gouvernance autochtones fondés sur le territoire, dont l’institutionnalisation passe notamment par l’émergence d’organisations intertribales. Celles-ci mettent en lumières des stratégies collectives innovantes par lesquelles la souveraineté autochtone est déployée face aux logiques d’effacement propre au colonialisme de peuplement.