
Le tea, repas typiquement ouvrier pris après la journée de travail, et la bière, boisson privilégiée des couches populaires au Royaume-Uni, sont au cœur de la définition de l’identité ouvrière dans le cinéma britannique depuis 1956. Le type d’aliments consommés et les pratiques alimentaires agissent comme de véritables marqueurs sociaux, ravivent à l’occasion la conscience prolétarienne de l’ouvrier en devenant une arme de combat et signalent, par leur impact sur son corps, l’évolution de ses conditions socioéconomiques à travers les décennies. Ces pratiques permettent également de révéler la division des rôles/genres au sein de la famille ouvrière ainsi que sur le lieu de travail et montrent comment la nourriture peut devenir un moyen d’exprimer un embryon de féminisme. La boisson dévoile quant à elle une véritable culture de classe, le pub étant un lieu central de la vie ouvrière britannique permettant à l’ouvrier de célébrer son homosocialité.