Cet article porte sur le Commonwealth Institute de Londres, lieu d’expositions permanentes et temporaires autour du Commonwealth fondé en 1962, et qui a occupé une place unique à la fois dans le paysage institutionnel du Commonwealth, et dans le paysage artistique londonien, dans un contexte britannique de bouleversements sociaux, politiques et artistiques (années 1980). Cet article examine la recherche « d’authenticité » de l’Institut dans sa mise en valeur des patrimoines africains et caribéens, tant au niveau de son ambition de « réalisme » que de l’implication des communautés du Commonwealth (gouvernements, artistes, individus) dans ses initiatives (expositions, festivals, etc.). L’analyse des modalités, des motivations (notamment politiques) et du degré de cette authenticité à la fois relationnelle et performative permet ainsi de mettre au jour les ambivalences et limites de cette quête.