Denis Viva est professeur associé en histoire de l’art contemporaine, à l’Università degli Studi de Trente, et en pratiques muséales dans l’architecture contemporaine, à l’Università degli Studi d’Udine en Italie. Ses thèmes de recherche principaux concernent l’histoire de l’art italienne contemporaine, la remédiation des ressources visuelles en art moderne et post-moderne, ainsi que les relations entre la photographie et l’exposition de l’histoire de l’art. Il est directeur-adjoint de la revue en Open Access www.palinsesti.net. Il fait partie de l’équipe de chercheurs qui a créé la base de données en ligne répertoriant l’historique des critiques consacrées à l’art italien (www.capti.it). Il a été commissaire d’exposition pour le Musée d'art moderne et contemporain de Rovereto, et il était l’un des commissaires d’expositions de la Quadriennale de Rome en 2016 pour laquelle il a développé un projet sur les artistes “périphériques”. Il a dernièrement organisé l’exposition Paradoxa au Musée Casa Cavazzini à Udine, exposition annuelle consacrée à l’art contemporain de l’Asie et de l’Extrême-Orient (2016-2018).
Au sein du mouvement Pop Art, le travail de Roy Lichtenstein est indéniablement associé au langage de la bande dessinée ; l’approche des médias de Jay Bolter et Richard Grusin (Remediation : Understanding New Media, 2000) apporte de nouveaux éclaraiges sur ce lien. La notion de remédiation permet en effet de penser ses travaux comme une remédiation de la bande dessinée. Bien que contestable, cette notion permet de lier plus efficacement les stratégies formelles de Lichtenstein à la culture médiatique et au contexte de la période. Dans une première partie, je m’efforcerai de décrire l’hybridité formelle entre le style de la bande dessinée et les objectifs picturaux de Lichtenstein. Dans un second temps, je montrerai comment cette hybridation révèle certaines des contradictions du modernisme à l'égard de la culture de masse. J'étudierai ensuite la façon dont l’artiste repense et transforme certains aspects de la bande dessinée pour les utiliser dans ses toiles. Enfin, je m’interrogerai sur les publics visés par Lichtenstein : associant différents médias tout au long de sa carrière, il n’a en effet pas seulement réformé son médium de prédilection mais a transformé simultanément peinture et bande dessinée.