Élisabeth Lamothe est Maîtresse de conférences en études américaines à l'Université du Mans et membre du laboratoire 3L.AM. Ses travaux de recherche ont porté sur les écritures du moi et la fiction de nombreuses auteures du Sud américain (Eudora Welty, Ellen Glasgow, Katherine Anne Porter, Flannery O'Connor, Barbara Kingsolver). Co-organisatrice d'un colloque consacré au thème de la maternité dans les arts: “Les mères et la mort : enjeux éthiques et esthétiques de la relation mortifère mère-enfant”, elle s'est tournée plus récemment vers la littérature de jeunesse et a co-organisé le colloque “Cultures et imaginaires de l'adolescence” en collaboration avec le programme En-Jeux et le Master LIJE de l'Université du Mans. Elle poursuit actuellement des recherches sur les artistes et auteurs issus de la diaspora asiatique installés aux États-Unis.
S’appuyant sur l’œuvre de Lan Cao, cet article examine les stratégies d’écriture pour dire la douleur de l’exil, les conflits de la biculturalité, la construction du souvenir après la rupture avec le pays perdu, menacé d'être effacé de l'histoire par le discours hégémonique américain. À partir de matériaux autobiographiques et des récits transmis par les siens sur le passage du Delta du Mekong à la Virginie (Monkey Bridge, 1997), Lan Cao tisse les fils narratifs d'une mémoire à deux voix, celle d'une mère et de sa fille. Elle examine aussi la créativité des stratégies de (re)définition du moi des exilés, avant de revenir sur la guerre au Vietnam en adoptant le croisement des points de vue filial et paternel, cette fois dans son second roman The Lotus and the Storm (2014).