Corentin Jégou est doctorant à Sorbonne Université sous la direction des professeurs Kerry-Jane Wallart et Frédéric Regard ; il est agrégé d’anglais (rang 1). Sa thèse explore les aspects rythmiques et politiques à l’œuvre de part et d’autre de l’Atlantique « Vert et Noir » chez James Joyce et Derek Walcott, avec un intérêt particulier pour Ulysses (1922) et Omeros (1990).
Cet article propose une lecture d’Omeros (1990) de Derek Walcott, qui déstabilise la notion de transmission culturelle. Il s’agit de voir comment ce long poème met en doute la pertinence de toute généalogie, dans le contexte d’une histoire caribéenne placée sous le signe de l’anéantissement colonial. Dans Omeros, Walcott rejette la transmission linéaire, patriarcale, d’un héritage censément authentique, tout en mettant en scène la permanence de traditions imposées. En fin de compte, traduction et adultération offrent des modèles de continuité alternatifs.