
Notre article porte sur le rôle des « espaces transnationaux » (Pries, 2001) dans la resignification de la « communauté imaginée » (Anderson, 1996) dans Desterro. Memórias em ruínas (2011) de Luis S. Krausz. Entre ses demeures coloniales moribondes et ses gratte-ciel oppressants, São Paulo incarne le conflit identitaire du protagoniste : d'une part, le poids de la tradition en tant que descendant d'immigrants juifs autrichiens ; de l'autre, l'attrait progressiste de la société paulistana. Reliant le pays d'exil à la terre natale, ces espaces font émerger les « mémoires souterraines » (Pollak, 1993) d'une identité juive scindée et du traumatisme de la Shoah.