Nous analysons dans cet article la façon dont les deux premiers continuateurs de La Celestina (1499-1502) de Fernando de Rojas, Feliciano de Silva (1534) et Gaspar Gómez (1536), transforment l’entremetteuse éponyme en un personnage résolument irascible, et dont cette caractérisation à peine ébauchée dans l’hypotexte, signe de l’épuisement du personnage et du type qu’il incarne et de sa progressive défonctionnalisation, non seulement influe sur la trame, mais, surtout, contribue à donner au lecteur l’impression que quelque chose est sur le point de se produire, créant une atmosphère de tension, ainsi qu’une série d’attentes qui, souvent, sont déçues.