Petit exercice : Titres (à rallonge parfois)

Petit exercice : Titres (à rallonge parfois)

Abstract: In “Short Exercise…” I playfully paid tribute to Charles Bukowski and John Fante in a short tale of ordinary life, incorporating many of the (French) titles of their works. It’s up to you to find them all.

Résumé : Je me suis amusé à rendre hommage à Charles Bukowski et John Fante dans un petit conte de la vie ordinaire en y plaçant presque l’intégralité des titres en français de leurs ouvrages. À vous de tous les retrouver.

Alors que je ressentais une grosse faim, je me suis retrouvé dans le Vieux-Lille, aux compagnons de la grappe (si si, vous pouvez vérifier, ce resto existe vraiment).

Au menu un plat me tentait bien, le ragoût du septuagénaire.

Drôle de nom pour un plat me dis-je.

En attendant ma commande, je me suis mis à lire, il y avait à disposition différents journaux, je pris le journal d’un vieux dégueulasse.

Il faut dire que la une du canard ne payait pas de mine : “Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau”.

Ça s’était apparemment produit au large de Naples.

Une tempête pour les morts et les vivants.

Je lis l’article en me disant que je n’avais pas commandé de boisson.

J’appelais le serveur, un factotum qui s’occupait totalement de tout dans le resto. Je suis même certain qu’il pouvait accompagner certaines clientes en mal d’amour à l’étage si on lui demandait poliment.

Bandini, c’était son nom. J’avais entendu l’un des clients l’interpeler par ce blase.

« – Ce sera le vin de la jeunesse ! », lui lançai-je.

Ainsi, ça rajeunira quelque peu mon ragoût. Septuagénaire, je vous le rappelle.

J’étais décidément plein de vie.

Ne manquaient que les women.

Une musique d’ambiance commençait alors à se faire entendre. Le musicien semblait jouer du piano ivre comme d’un instrument à percussion jusqu’à ce que les doigts saignent un peu.

C’est à cet instant que le postier est rentré et a déposé du courrier sur le comptoir, ne prenant même pas le temps de lever la tête. Je n’ai aperçu que sa casquette.

Le courrier a malencontreusement renversé un verre sur le registre de réservation de Bandini. Si bien que maintenant, il n’était plus qu’un carnet taché de vin.

C’est alors que je l’ai vue.

Brune, petite, des yeux Kaki.

Un roman pulp posé sur la table.

À quelques mètres de moi, au sud de nulle part.

Elle ne m’avait pas remarqué alors que je la suppliais ; apporte-moi de l’amour !

Même si je sais pertinemment que l’amour est un chien de l’enfer.

Comment attirer son attention ? Et vite ? Car tout le monde sait que les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines.

Shakespeare n’a jamais fait ça me dis-je, mais je m’en fous, Je ne suis pas Shakespeare.

Que le diable m’emporte avec les damnés, si je ne parviens pas à mes fins.

Et merde.

C’est qui ce type qui s’installe en face d’elle ?

Grisonnant, les yeux clairs mais un regard peu expressif, comme brûlé dans l’eau, noyé dans les flammes,

Son mec probablement. Pffff.

Fait chier.

J’avais à nouveau l’impression de me retrouver dans l’un des contes de la folie ordinaire.

Pas celui qui te fait arriver à Hollywood en empruntant la route de Los Angeles.

Non.

Ni celui qui emplit tes rêves de Bunker Hill, à l’idée de participer à l’orgie du siècle.

Non.

Plutôt, le retour du vieux dégueulasse qui demande à la poussière s’il est toujours vivant.

Les souvenirs d’un pas grand-chose qui aime écrire sur l’écriture, sur l’alcool, sur l’amour. Ou même sur les chats.

Pas sur mon chien stupide par contre.

 

« – Je t’aime, Albert ! »

 

C’était elle, qui s’adressait à lui.

Putain, Albert qu’il s’appelait.

Pourquoi pas Greg, Charles ou John pendant qu’on y est ?

Toujours est-il que je pris ma veste et sortis.

Sans même accorder la moindre attention à cette salope qui mouillait pour Albert

About the author(s)

Biographie : Je suis né en juin 1973 et suis éducateur spécialisé en protection de l’Enfance, après avoir travaillé auprès des SDF. Je connais donc plutôt bien les conditions de vie des laissés-pour-compte de la société. J’ai une formation initiale en psychologie et suis devenu éducateur après avoir été objecteur de conscience. Je n’ai en effet pas été reconnu assez taré pour être épargné de service militaire, encore obligatoire à cette époque. J’écris depuis tout le temps. J’ai eu plusieurs poèmes publiés dans les années 90 dans certaines petites revues qui n’ont pas fait long feu. Je me suis d’ailleurs toujours demandé s’il n’y avait pas un lien de cause à effet entre les 2…
La plupart de mes écrits sont gardés précieusement chez moi et je les relis parfois en me disant, « tiens, c’est pas mal, on dirait du moi. »
Bukowski est l’auteur, le poète, qui m’a le plus impressionné et poussé à écrire. Il m’a plus d’une fois remis à ma place, mais il faut croire que j’adore ça. L’ivresse de ses mots continue, et continuera toujours, de m’emporter dans un fracas d’émotions.

Biography: I was born in June 1973 and am a special education worker for Child Protection Services in France, after having worked with the homeless population. So, I know rather well the living conditions of society’s outcasts. I have initial training in psychology and became an educator after being a conscientious objector. Indeed, I was not recognized as screwed up enough to be spared military service, which was still mandatory at that time. I’ve been writing forever. I had several poems published in the 1990s in some small magazines that didn’t last long. I’ve always wondered, moreover, if there wasn’t a cause-and-effect relationship between the two…
Most of my writing I keep preciously at home and which I sometimes reread, saying to myself, “hey, that’s not bad, it sounds like me.”
Bukowski is the author, the poet, who has impressed me the most and led me to write. He has set me straight more than once, but I must love that. The intoxication of his words continues, and will always continue, to carry me away in a burst of emotions.