Fante v.Bukowski
Abstract: In “Fante v. Bukowski,” I chose to make a descriptive parallel of Charles Bukowski and John Fante in the form of a boxing match, after rereading the entire body of work by John Fante in the summer of 2024. I point out the numerous analogies, but also differences, between the two writers, while at the same time revealing the feelings they awaken in me.
Keywords: Charles Bukowski, John Fante, French titles
Résumé : J’ai choisi de réaliser un parallèle descriptif des deux auteurs sous forme de combat de boxe, ceci après avoir relu toute l’œuvre de John Fante lors de l’été 2024. J’y pointe les nombreuses analogies, mais aussi différences, entre eux, tout en révélant les émotions qu’ils peuvent éveiller chez moi.
Mots-clés : Charles Bukowski, John Fante, Titres français
Même s’ils affichent plus de 11 ans d’écart à la pesée, c’est bien 2 poids-lourds de la littérature américaine, mondiale je dirais même, qui s’opposent sur le ring aujourd’hui.
S’opposent étant un bien grand mot, tant les analogies caractérisent ces 2 monstres.
Ils sont morts pratiquement au même âge, après avoir fréquenté les chambres miteuses de Los Angeles pendant leurs années de vache maigre, une machine à écrire sous le bras.
L’alcool était leur maîtresse et ils étaient considérés comme deux alcoolos notoires.
Leur relation aux femmes était empreinte d’amour et de haine, qui s’entremêlaient, au grand plaisir de leurs lecteurs.
Arturo Bandini & Henri Chinaski, les alter-ego de leurs créateurs, sont deux fils d’immigrés américains originaires de deux dictatures européennes, respectivement l’Italie et l’Allemagne. Certains préfèrent qu’on dise anciennes dictatures.
Ceux qui considèrent que le capitalisme n’est pas une dictature de l’argent, du profit et de la rentabilité. Il y en a. Surtout chez les nantis.
(Citation différence entre une démocratie et une dictature)
Ils partageaient tous deux une méchanceté jouissive, jamais dissimulée ni feinte. Faire semblant ne faisait pas partie de leur registre.
Quitte à choquer.
Une chose est certaine, c’est que lorsque tu as découvert et lu l’œuvre de ces deux auteurs, il est très difficile de s’intéresser à autre chose, tant cela te parait fade, moins sincère, manquant d’émotion.
Ils tapent fort, au cœur et aux tripes.
Leurs uppercuts font toujours mouche et te mettent KO.
Tu te retrouves un genou au sol, voire les deux parfois.
Mais tu es heureux.
Te relever te demande un max d’effort mais te procure un tel plaisir.
Jamais tu ne jettes l’éponge.
Une fois relevé, debout, tu es plus fort.
Et prêt à continuer.
Jusqu’à ton dernier soupir.
Il existe cependant quelques dissemblances entre eux.
Déjà, leur rapport à l’argent se distingue. Au moins, un peu.
Bukowski me semble bien moins attiré par l’argent, mais il a connu la gloire plus tardivement, ceci pouvant expliquer cela (quelle expression de merde).
Fante rédigeait des scénarios merdiques (il le savait, et s’en foutait) uniquement pour le cacheton.
Mais Hank a cependant aussi écrit le scénario de Barfly pour Barbet Schroeder… Et il tapinait également lors de ses lectures de poèmes en amphithéâtre, pour quelques centaines de dollars, et lors de ses publications dans bon nombre de magazines pornos.
Buk était aussi bien plus prolifique, et laisse une œuvre conséquente derrière lui. Alors que Bandini ne nous a légué, au plus, qu’une dizaine de bouquins. Son désir d’écrire était moins vital que celui de son adversaire, un désir motivé que par l’appât du gain.
Chinaski était plus cru, plus violent et pas catho.
Même si John a su parfois se montrer assez critique vis-à-vis de la religion dans laquelle sa famille l’a baigné,
Au final, Fante me paraît un chouia plus “conventionnel”.
Je déclare donc Bukowski vainqueur aux points de son aîné. Comment aurait-il pu en être autrement dans un colloque qui lui est consacré ?
Mais le combat continue. Et il en sera toujours ainsi.
Car il est vain d’essayer (“don’t try”), seule faire importe.
Dans tous les cas, ces 2 écrivains m’ont été plus bénéfiques que n’importe quelle gnôle ou médoc.
Ils m’ont sauvé la vie plus d’une fois et m’ont certainement fait faire des économies en réduisant la durée de mes thérapies.
Ce témoignage est mon humble façon de les remercier.
Pierrick Starsky, auteur-scénariste notamment publié dans Fluide Glacial, chroniqueur (Siné Mensuel), et éditeur-rédacteur (Même Pas Mal, AAARG !, GlénAAARG !, Pop Icons,…). Entre autres. J’en passe.
Je voue une grande admiration à toute son œuvre.
Et bien figurez-vous que j’ai appris dans une interview qu’il a un passage de Demande à lapoussière tatoué sur son avant-bras.
De mon côté, j’ai le buste de Buk sur le mollet droit. Il m’accompagne donc à chaque pas que je fais.
On a nos auteurs dans la peau.
D’authentiques légendes, en permanence avec nous, puisque devenues parties intégrantes de nos corps.
Et de notre esprit.
(Amen)
About the author(s)
Biographie : Je suis né en juin 1973 et suis éducateur spécialisé en protection de l’Enfance,
après avoir travaillé auprès des SDF. Je connais donc plutôt bien les conditions de
vie des laissés-pour-compte de la société. J’ai une formation initiale en psychologie
et suis devenu éducateur après avoir été objecteur de conscience. Je n’ai en effet
pas été reconnu assez taré pour être épargné de service militaire, encore obligatoire
à cette époque. J’écris depuis tout le temps. J’ai eu plusieurs poèmes publiés dans
les années 90 dans certaines petites revues qui n’ont pas fait long feu. Je me suis
d’ailleurs toujours demandé s’il n’y avait pas un lien de cause à effet entre les
2…
La plupart de mes écrits sont gardés précieusement chez moi et je les relis parfois
en me disant, « tiens, c’est pas mal, on dirait du moi. »
Bukowski est l’auteur, le poète, qui m’a le plus impressionné et poussé à écrire.
Il m’a plus d’une fois remis à ma place, mais il faut croire que j’adore ça. L’ivresse
de ses mots continue, et continuera toujours, de m’emporter dans un fracas d’émotions.
Biography: I was born in June 1973 and am a special education worker for Child Protection Services
in France, after having worked with the homeless population. So, I know rather well
the living conditions of society’s outcasts. I have initial training in psychology
and became an educator after being a conscientious objector. Indeed, I was not recognized
as screwed up enough to be spared military service, which was still mandatory at that
time. I’ve been writing forever. I had several poems published in the 1990s in some
small magazines that didn’t last long. I’ve always wondered, moreover, if there wasn’t
a cause-and-effect relationship between the two…
Most of my writing I keep preciously at home and which I sometimes reread, saying
to myself, “hey, that’s not bad, it sounds like me.”
Bukowski is the author, the poet, who has impressed me the most and led me to write.
He has set me straight more than once, but I must love that. The intoxication of his
words continues, and will always continue, to carry me away in a burst of emotions.
