Pouvoir se reconstruire ? La réinsertion des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan : initiatives privées, politiques publiques

Pouvoir se reconstruire ? La réinsertion des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan : initiatives privées, politiques publiques

Abstract: Between 2011 and 2014, two million six hundred thousand American soldiers who fought in Iraq and Afghanistan have returned home. Some of them are badly wounded. This article aims at showing the numerous hurdles the veterans have been faced with while transitioning from military to civilian life. It shows the part played by associations founded by veterans from these wars in order to help their brothers in arms to find adequate housing, succeed in securing a new job, break their loneliness and fight traumas by bringing a helping hand to others in need. When he took office, President Obama who had voted against military intervention in Iraq, pledged to use all the resources of his administration in order to meet the needs of the troops returning home. Michelle Obama and Jill Biden also played a key role through their unfailing support for military families. The efficiency of the measures taken over the last six years are assessed as well as the challenges still to be met.

Keywords: Veterans’ Associations, Public policies to transition to civilian life, Employment, Homelessness, Physical and mental disabilities

Résumé : Entre 2011 et 2014, les États-Unis ont rapatrié deux million six cent mille soldats ayant combattu en Irak et Afghanistan. Cet article examine les multiples défis posés par le retour à la vie civile de ces militaires – dont certains sont lourdement handicapés. La première partie rend compte du travail effectué par des associations créées par des soldats démobilisés confrontés à la difficulté de trouver un emploi ou un logement adapté, en proie à la solitude et désireux à la fois de retisser des liens et de montrer ce qu’ils peuvent être utiles à leurs pays en apportant aide et réconfort à leurs frères d’armes. Dès son entrée en fonction, le président Obama, opposé à l’intervention en Irak, s’est engagé à mobiliser tous les services de son administration afin de faciliter la réinsertion des ex-soldats : la seconde partie expose les mesures prises et évalue leur efficacité ; elle souligne également l’engagement de Michelle Obama et de Jill Biden auprès des familles de militaires.

Mots-clés : Associations d’anciens combattants, Politiques publiques de réinsertion, Emploi, Logement, Handicap physique et trauma de guerre

Le retrait des troupes d’Irak, décidé par le président Obama à la fin de l’année 2011, puis celui des forces américaines d’Afghanistan, en 2014, posèrent et posent encore à la nation toute entière la question du retour à la vie civile de deux millions six cent mille anciens combattants. Ces soldats, pour certains très jeunes, sont en effet confrontés à des problèmes matériels tels que la difficulté de trouver un emploi ou un logement adapté. Un grand nombre d’entre eux souffrent de blessures visibles et invisibles. Le défi à relever est de les aider à se reconstruire.

La première partie de cet article parcourra le travail fait par des associations fondées par des anciens combattants, ayant servi durant ces deux conflits, afin d’apporter aide et réconfort à ceux qui, comme eux, doivent surmonter les épreuves qu’ils ont vécues et trouver un nouveau sens à leur vie.

La seconde s’intéressera aux politiques publiques mises en place par l’administration Obama et à l’implication de Michelle Obama et Jill Biden dans les programmes de soutien aux familles de soldats et aux anciens combattants.

Le soutien apporté par les associations à leurs frères d’armes

La première association fondée par des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan a vu le jour en 2004. Indigné par l’image donnée par les médias de l’intervention américaine en Irak et du silence de l’administration Bush à propos des problèmes rencontrés par des soldats qui, comme lui, rentraient des zones de combat, Paul Rieckhoff décida – à la suite du suicide d’un des membres de son unité – de créer un site web, « Operation Truth »1. Celui-ci devint très rapidement un moyen d’échanges, de contacts, et permit de développer un réseau d’entraide qui donna naissance par la suite à l’IAVA (Iraq and Afghanistan Veterans of America). Si initialement les membres de l’IAVA ont pris clairement position contre la guerre et soutenu l’élection de Démocrates au Congrès, cette organisation, aujourd’hui, se veut apolitique. Forte de 200 000 membres, elle entend peser sur les décisions prises par le gouvernement fédéral et défendre les intérêts des anciens combattants2.

Elle s’est également donnée pour mission d’apporter son soutien à cette nouvelle génération d’anciens combattants3 et à leurs familles en répondant à leurs besoins matériels en matière de santé, de formation professionnelle, de recherche d’emploi et de logement. Elle a aussi pour objectif, depuis sa création, de changer la perception de la société américaine à leur sujet, en mettant en avant les services qu’ils ont rendus à leur pays et en valorisant les compétences dont ces soldats ont fait preuve pour remplir leur mission4, en particulier leur capacité à assumer des responsabilités et à prendre des décisions. Une vidéo postée sur son site en 2012 résumait très clairement ses positions : faire un don, c’est aider les ex-soldats à se reconstruire et œuvrer pour l'avenir du pays.

À l’échelon local, de très nombreuses initiatives ont été prises depuis 2007. Ainsi, en Caroline du Nord, Dale Beatty et John Gallina, anciens membres de la Garde Nationale et gravement blessés en Irak lorsque leur char a sauté sur une mine, ont fondé Purple Hearts Homes. Leur expérience commune, à la suite de leur démobilisation, est à l’origine de sa création. Dale, amputé des deux jambes, avait besoin d’un logement aménagé pour retrouver son autonomie et John souffrait de dépression. Leur collaboration à ce projet et l’entraide dont ils ont bénéficié de la part d’entreprises locales ont permis à l’un et à l’autre de retrouver une place dans la société mais aussi de prendre conscience qu’ils pouvaient être utiles à d’autres. Une vidéo postée sur le site déclarait, en 2012, que la nation toute entière doit témoigner sa reconnaissance à l’égard de ceux qui ont œuvré au péril de leur vie, après les attaques du 11 septembre, pour que le rêve américain de justice et de démocratie soit encore possible. Ils en ont payé le prix. Depuis leur engagement n’a pas changé : leur association veut pouvoir accueillir ces soldats comme l'ont été ceux qui rentraient du front après la Seconde guerre mondiale et faciliter ainsi leur retour à la vie civile5. Un grand nombre de maisons pour des anciens combattants handicapés, ont été réhabilitées ou construites qu’ils aient combattus en Irak, en Afghanistan ou au Vietnam. Les dons servent à l’achat de matériel ou de terrains. De nombreux bénévoles et professionnels travaillant dans le bâtiment apportent leur aide. L’objectif est double : rendre leur dignité et leur indépendance à ceux qui ont servi leur pays, leur permettre de retisser des liens avec leur environnement :

Purple Heart Homes identifies the needs of the disabled veteran and determines the scope of work required to modify, adapt or build, a home that is accessible barrier-free and safe […] We make it our goal to partner with local, professional contractors who are willing to take ownership of the process, thus enabling them to use their existing network of tradesmen and material suppliers. In this way we can fully involve the community allowing them to quickly address the needs of the wounded veteran and find a suitable community based solution6.

Pour comprendre l’importance du travail accompli par Dale et John, il faut souligner que le logement d’anciens combattants handicapés est un problème à l’échelle nationale. Certes, l’association Operation Homefront leur propose un hébergement temporaire en foyer7 et l’association Helping a Hero collecte, depuis 2006, des dons pour construire des logements adaptés à des anciens combattants lourdement handicapés. Cependant, en dépit des efforts conjoints du ministère des Anciens Combattants (Department of Veterans Affairs) et de celui du Logement (Housing and Urban Development)8, selon un rapport publié par le Center for American Progress, en décembre 2011, 1 SDF sur 7 était un ancien combattant9. Depuis la situation s’est nettement améliorée grâce à la mobilisation des pouvoirs publics qui sera évoquée par la suite.

La question de la réinsertion professionnelle des soldats démobilisés est tout aussi préoccupante10. Parce qu’il en a expérimenté les difficultés et partagé celles d’autres Marines, Brian Stann a fondé en 2007 Hire Heroes USA11. Son association organise des stages de formation pour aider les anciens combattants à préparer leur reconversion dans le monde de l’entreprise. Brian Stann souligne l’importance de leur apprendre à mettre en valeur leurs compétences lors de la rédaction d’un CV et de les préparer à un entretien d’embauche. Ils se sont pour la plupart enrôlés dans l’armée dès la sortie du lycée et si la vie militaire les a conduits à prendre des responsabilités et des décisions, elle les a principalement entraînés à penser à la réussite d’une mission en groupe plutôt qu’à un succès personnel. L’autre objectif de Hire Heroes USA est de convaincre les employeurs d’embaucher d’anciens militaires12.L’association travaille en partenariat avec les Chambres de commerce locales, participe à des forums pour l’emploi, met en contact les candidats avec ceux qui correspondent le mieux aux profils recherchés par les entreprises et poste des demandes d’emploi sur son site. Elle dit avoir, en 2015, contribué à l’embauche de 54 anciens combattants par semaine13.

L’engagement de Brian Stann et de son équipe, composée en partie d’anciens militaires, comme celui de Dale Beatty et de John Gallina, illustrent à la fois leur volonté de se servir de leur propre expérience et l’importance qu’ils attachent à prêter main forte à leurs frères d’armes. Chacun à sa manière s’efforce de leur ouvrir la voie vers la vie civile, de leur donner les moyens d’agir et de prendre leur place dans la société en surmontant des obstacles majeurs. Les deux autres associations dont le travail est évoqué dans cet article – The Mission Continues et Team Rubicon – contribuent à aider les anciens combattants à se reconstruire d’une autre façon, leurs fondateurs étant convaincus que s’investir dans le bénévolat peut être une manière de trouver un nouveau sens à sa vie et de combattre la solitude14.

Eric Greiten, ancien Marine membre des unités de combat SEAL15, et deux de ses amis, ont rassemblé leur solde et des indemnités versées pour invalidité afin de créer, en 2007, The Mission Continues. Dans les nombreuses conversations qu’ils avaient eues avec des Marines hospitalisés à Bethesda (MD), ces derniers exprimaient leur désir de continuer à servir leur pays, une fois de retour à la vie civile. Partant de ce constat, l’objectif de cette association a été de faciliter cette période de transition vers la recherche d’un emploi ou la reprise d’études, souvent difficile pour d’anciens militaires, et de leur permettre de se reconstruire grâce à un engagement comme bénévole pour une période de 6 mois. Elle octroie des bourses16 (fellowships) à ceux qui sont prêts à s’investir soit dans l’aide à d’autres anciens combattants17, soit auprès de jeunes défavorisés à travers un projet personnel18. Les témoignages révèlent comment ces hommes et ces femmes, souffrant souvent du syndrome de stress post-traumatique (PTSD en anglais) ou des séquelles physiques de blessures de guerre, et parfois dans des situations matérielles précaires, ont pu retisser des liens en apportant leur soutien à d’autres confrontés à des problèmes semblables aux leurs. L’association se veut comme un tremplin pour l’avenir, comme l’indiquait sa devise : « It's not a Charity, It’s a Challenge! », lors de sa création. Depuis que Spencer Kympton a pris la direction de The Mission Continues en juillet 2014, la nouvelle devise de l’association met l’accent sur sa spécificité : proposer  à d’anciens militaires une période de service bénévole dans la vie civile: « Reporting for Duty in our Community »19.

Les missions organisées par les anciens combattants membres de Team Rubicon qui coordonnent des équipes de volontaires intervenant pour porter secours lors de catastrophes naturelles sont aussi fondées sur l’entraide. Jake Wood et William McNulty20, ses co-fondateurs, expliquent comment celle-ci a vu le jour au moment du séisme en Haïti en 2010, lorsque, récemment démobilisés, ils ont compris qu’ils pouvaient être utiles aux sinistrés :

On the streets of Port-au-Prince, in the immediate aftermath of the Haiti earthquake, TR’s military veterans realized a simple truth – natural disasters present many of the same problems that confront troops in Iraq and Afghanistan: unstable populations, limited resources, horrific sights, sounds and smells. The skills cultivated on (those same) battlefields – emergency medicine, risk assessment and mitigation, teamwork and decisive leadership – are invaluable in disaster zones21.

Depuis, des équipes de Team Rubicon sont intervenues, en lien avec le Homeland Security Department, la FEMA (Federal Emergency Management Agency) et des civils formés à la gestion des situations d’urgence, lors de récentes catastrophes naturelles aux États-Unis : notamment pour des opérations de nettoyage et de déblaiement au moment de l’ouragan Isaac en Louisiane (fin août 2012) et d’inondations près d’Anchorage en Alaska. Environ un millier de bénévoles de cette association ont été à pied d’œuvre lors des dégâts occasionnés par l’ouragan Sandy et dans de nombreuses situations d’urgence en 2014 et 201522. D’autres ont coordonné leurs efforts pour porter secours partout dans le monde. Les membres disent trouver du réconfort et un sens à leur vie grâce à l’esprit de camaraderie qu’ils partagent lors de ces interventions, toutes ces choses qui leur manquent depuis leur retour à la vie civile. Leur engagement est aussi pour eux une façon de montrer les compétences que leur formation militaire leur a permis d’acquérir et comment celles-ci peuvent être utilisées dans d’autres situations.

Les associations mentionnées dans cette étude, comme beaucoup d’autres, s’efforcent de répondre aux besoins des anciens combattants de retour d’Irak et d’Afghanistan et de leur donner le sentiment qu’ils ont toute leur place dans la société américaine. Chacune à sa manière tente d’aplanir les difficultés de cette période de transition souvent semée d’embûches. Leurs fondateurs sont bien conscients de l’immensité de la tâche et si leur discours peut sembler très volontariste, ils sont une main tendue et cherchent à apporter une aide personnalisée aux ex-soldats et à leur famille et à améliorer le fonctionnement des institutions gouvernementales en charge des anciens combattants23. Ces initiatives privées sont aussi soutenues par les politiques publiques mises en place par l’administration Obama.

Politiques publiques à l’intention des anciens combattants : soutenir ceux qui protègent notre liberté

Dès son entrée en fonction, le président Obama, qui avait promis le retrait des troupes d’Irak et d’Afghanistan lors de sa campagne, a clairement exprimé son engagement à l’égard des anciens combattants au nom de la nation toute entière lors du discours qu’il a prononcé le 16 mars 2009 pour le vingtième anniversaire de leur ministère de tutelle (Veterans Affairs Department). Il a en effet souligné les défis auxquels celui-ci devait faire face : améliorer le traitement des dossiers et la prise en charge des soldats mutilés ou souffrant de troubles psychologiques dus au trauma de la guerre, faciliter la formation professionnelle et l’embauche des ex-soldats, s’assurer qu’ils ne se retrouvent pas sans ressources et à la rue :

For their service and sacrifice, warm words of thanks from a grateful nation are more than warranted, but they aren't nearly enough. We also owe our veterans the care they were promised and the benefits that they have earned. We have a sacred trust with those who wear the uniform of the United States of America. It's a commitment that begins at enlistment, and it must never end. But we know that for too long, we've fallen short of meeting that commitment. Too many wounded warriors go without the care that they need. Too many veterans don't receive the support that they've earned. Too many who once wore our nation's uniform now sleep in our nation's streets24.

Le président reconnaît l’ampleur des efforts à accomplir et annonce des crédits supplémentaires dont certains sont déjà prévus dans l’American Recovery and Reinvestment Act qu’il a signé un mois plus tôt25.

Depuis 2009, afin d’atteindre ces objectifs, l’administration Obama n’a pas ménagé sa peine pour que, malgré la crise économique, le retour massif des soldats d’Irak et d’Afghanistan se passe dans les meilleures conditions possibles. Un rapport, publié en 2010, témoigne de la volonté du président de mobiliser toutes les ressources de l’État fédéral pour leur venir en aide et assurer une coordination des services et des moyens26. L’un de ses objectifs était de faire entrer le ministère des Anciens Combattants dans le 21ème siècle. Il est indéniable que des progrès ont été accomplis27. Cependant, malgré les rallonges budgétaires et le passage à l’électronique, ce dernier n’est toujours pas en mesure de faire face au surcroît constant de dossiers à traiter28. Au cours des années 2012 et 2013, plus d’un million de dossiers ont été déposés ; en 2014, ceux des soldats de retour d’Afghanistan sont venus s’y ajouter. De plus, 45% des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan demandent des indemnités du fait des blessures physiques ou des troubles mentaux dont ils souffrent29, c'est-à-dire deux fois plus que lors de la Guerre du golfe30. Le gouvernement ne s’attendait pas à un nombre de cas aussi élevé. Les retards causés par cet afflux ont eu et ont encore des conséquences financières et sanitaires, en particulier pour ceux qui ont besoin d'une prise en charge médicale rapide parce qu’ils souffrent de syndrome de stress post-traumatique ou de dépression – soit, un ancien combattant sur six31. Une étude publiée en juillet 2012 dans le magazine Time montrait qu’une partie des suicides d’anciens combattants était due à ces retards mais aussi à une mauvaise évaluation des risques par les médecins militaires32. Devant cette situation alarmante33, une réunion gouvernementale s’était tenue en juin 2012 et, en août, le président avait ordonné par décret (executive order), le recrutement en urgence de personnel médical et l’augmentation des effectifs en charge des centres d’appels (hotlines) pour la prévention des suicides afin que les soldats qui les contactent puissent voir un conseiller dans les 24h34. Il était en effet impératif de réduire les délais d’attente pour les consultations et les hospitalisations. Ces mesures n’ont pas produit les effets escomptés et deux ans plus tard, lorsqu’il a été découvert que l’hôpital de Phoenix dans l’Arizona, ainsi que plusieurs autres établissements, falsifiaient leurs registres pour masquer leurs insuffisances, ces révélations ont provoqué un scandale national qui a abouti à la démission du ministre des Anciens Combattants, Eric Shinseki, et suscité la mobilisation des membres du Congrès. Deux nouvelles lois ont été votées en urgence, dans l’espoir de remédier aux dysfonctionnements administratifs constatés en donnant au ministre l’autorité de renvoyer les personnels incompétents (Department of Veterans Affairs Management Accountability Act) et de désengorger les hôpitaux militaires en autorisant, sous certaines conditions, la prise en charge de certains soins par des médecins ou hôpitaux du secteur privé (Veterans’ Access to Care Choice Accountability and Transparency Act). Une vaste enquête a été diligentée : les procédures alors en vigueur dans 111 hôpitaux militaires ont été examinées ; elles ont aboutis au renvoi de certains cadres supérieurs. En dépit de ces mesures, le ministère semble peu enclin à faire des réformes et sanctionnent les lanceurs d’alerte, malgré les dispositions prévues dans la nouvelle loi. Une enquête faite par la Kaiser Foundation pour le compte du Washington Post en novembre 2014, révèle que 56% des anciens combattants interrogés déclaraient que les services médicaux des hôpitaux militaires ne répondent pas à leurs attentes35. Les délais pour obtenir une prise en charge médicale sont à nouveau préoccupants, et, en juillet 2015, le ministère annonce qu’il va devoir fermer des hôpitaux si une rallonge de crédits ne lui est pas allouée36. Un éditorialiste du Washington Post n’a pas hésité à suggérer, récemment, la suppression de ce ministère aux effectifs pléthoriques (300 000 salariés), engluée dans des procédures bureaucratiques et la création d’une ou plusieurs nouvelles entités37.

La formation professionnelle et la résorption du taux de chômage des ex-militaires, sensiblement plus élevé que la moyenne, était un autre défi à relever38. Pour sa part, le Congrès a soutenu ces efforts en 2010, en étendant aux membres de la garde nationale les dispositions du Post 9/11 Veterans Educational Assistance Act voté en 200839 et, en allouant dès 2011, des crédits pour améliorer la formation professionnelle des anciens combattants (y compris pour ceux du Vietnam) et permettre leur embauche dans des secteurs manquant de personnel tel que le transport routier (Veterans Opportunity to Work to Hire Heroes Act). Cette loi prévoyait aussi de rendre plus efficients les programmes de transition vers l’emploi mis en place par les ministères des Anciens Combattants et de la Défense en y associant le ministère du Travail40. Des incitations financières, sous forme de crédit d’impôts, encouragent les employeurs privés à embaucher d’anciens soldats. Ceux qui sont trop handicapés pour retrouver un emploi peuvent bénéficier d’une extension de leur allocation chômage pour suivre une formation qualifiante. Quant aux entreprises qui recrutent ces travailleurs handicapés, elles ont droit à un crédit d’impôt plus élevé41. Les statistiques publiées par le Labor Bureau, en mars 2015, démontrent l’impact positif de ces mesures, même si le taux de chômage de ces anciens combattants reste supérieur à la moyenne nationale en 2014 (6,2%), en particulier pour les femmes42.

Outre l’emploi et la formation professionnelle, l’administration Obama a été également confrontée aux difficultés des anciens combattants et de leur famille en matière de logement. Du fait de la crise, certains ont été expulsés, faute d’avoir pu honorer leur crédit. En 2010, USA Today rapportait que 20 000 d’entre eux s’étaient adressés au ministère de la Défense pour obtenir un prêt afin d’éviter de se retrouver à la rue, une hausse de 32% par rapport à 200843. Des crédits ont alors été alloués pour le refinancement des prêts et le rachat de logements à la suite de saisies immobilières (foreclosures), ils ont été renouvelés par la suite. En ce qui concerne les ex-militaires dans les centres d’hébergement, les statistiques du ministère des Anciens Combattants (Veterans Affairs) et du Logement (House and Urban Department indiquaient une légère diminution du nombre en 201144. Lorsque le président s’est engagé, le 20 août 2013, à ce qu’il n’y ait plus d’anciens combattants se retrouvant à la rue en 2015, et a annoncé que 7,8 millions de dollars seraient alloués aux agences locales des ministères du Logement (HUD) et des Anciens Combattants (VA) sous forme de chèque-logement (vouchers), le pari paraissait difficile à tenir. Or, grâce à la loi de 2013 (Homeless Veterans Prevention Act), aux financements successifs accordés par le Congrès et au programme lancé par la Maison blanche en 2014 (Mayors Challenge to End Veterans Homelessness), aujourd’hui leur nombre a diminué de façon significative45.

Michelle Obama et Jill Biden, elle-même mère d’un membre de la Garde Nationale déployé en Irak, se sont fortement impliquées pour améliorer le sort des anciens combattants en mobilisant les forces vives du pays. Après avoir sillonné les États-Unis pendant deux ans, elles ont décidé de faire de l’aide aux familles de militaires et d’anciens combattants une priorité par le biais des programmes mis en œuvre par Joining Forces: Taking Action to Serve America’s Military Families46, afin de fédérer les initiatives locales pour « servir ceux qui se sont sacrifiés pour nous et leur exprimer notre gratitude ». Leur projet a été présenté aux gouverneurs des États lors de leur rencontre annuelle avec le président en mars 2011 et lancé en avril de la même année. À l’initiative de Jill Biden, des infirmières ont été formées pour répondre aux besoins spécifiques des anciens combattants souffrant de « blessures invisibles » (syndrome de stress post-traumatique et traumatisme crânien) soignés en dehors des hôpitaux militaires. En matière d’éducation, une aide particulière est apportée aux enfants des militaires souvent conduits à changer d’établissement du fait des missions de leur père ou de leur mère47. En ce qui concerne l’emploi, des campagnes ont été lancées pour contacter les employeurs afin d’aider les femmes démobilisées et les épouses des militaires à trouver un travail48. Des changements ont été effectués pour améliorer leur prise en charge dans les hôpitaux militaires49. Le 23 avril 2015, Michele Obama a dressé un bilan des actions menées, lors du quatrième anniversaire de Joining Forces50.

En 2004, Paul Rieckhoff souhaitait rompre le silence des médias et celui de l’administration Bush à propos des soldats blessés et tués en Irak, et changer la façon dont les Américains percevaient et parlaient des anciens combattants : « change the national conversation about veterans ». Il voulait ainsi susciter un mouvement national pour leur venir en aide. Les associations fondées par les anciens combattants, avant ou après cette date, comme le gouvernement fédéral aujourd’hui, poursuivent les mêmes objectifs : relever les défis que pose leur réinsertion en mobilisant les citoyens, les bénévoles et les entreprises afin qu’ils comprennent les besoins de ces ex-militaires, contribuent à les aider à surmonter les obstacles et prennent conscience de ce qu’ils peuvent apporter à leur pays : « It is time to serve them as well as they have served us »51. Leur travail illustre le fait que la nation a une nouvelle étape à franchir vers sa reconstruction depuis les événements du 11 septembre : celle d’accompagner et d’apporter un soutien sans faille, pour les années à venir, à ceux qu’elle a envoyés sur les théâtres de guerre, soit deux million six cent mille Américains, et qui, une fois démobilisés, sont confrontés au difficile processus de recouvrer un équilibre personnel et de réussir une nouvelle vie professionnelle. Alors que les États-Unis commencent à surmonter les effets d’une crise économique sans précédent et qu’ils sont las de treize années de guerre, ils ne doivent pas céder à la tentation de les oublier lorsque fin 2014 les derniers soldats seront rentrés d’Afghanistan52. Aujourd’hui, l’implication de l’administration Obama se poursuit et les souhaits exprimés par Phillip Carter en 2012 ont été entendus :

Now that President Obama has been re-elected, his new administration will need to tackle crisis issues like military suicides, and longer-term challenges such as maintaining public support for veterans programs after the wars in Iraq and Afghanistan are over. These choices will be made more difficult by significant downward pressure on spending, requiring the administration to make hard choices with profound implications for the men and women who serve us in uniform, and those who came before them, as well as for our national security. (Carter 5)53

Lorsqu’il s’est adressé aux membres de l’AmericanLegion, le 26 août 2014, le président a rappelé que la nation tout entière avait une obligation morale vis-à-vis des soldats de retour d’Iraq et d’Afghanistan et énuméré à nouveau les cinq engagements à tenir : s’assurer qu’ils disposent de ressources suffisantes grâce à un emploi dans la vie civile ou une pension d’invalidité décente, leur fournir l’accès aux traitements médicaux dont ils ont besoin dans des délais satisfaisants, améliorer le traitement des demandes d’indemnités pour cause de handicap, loger les ceux qui sont encore sans abri:

This is not just a job of government. It’s not just a job of the veterans’ organizations. Every American needs to join us in taking care of those who've taken care of us. Because only 1 percent of Americans may be fighting our wars, but 100 percent of Americans benefit from that 1 percent. A hundred percent need to be supporting our troops. A hundred percent need to be supporting our veterans. A hundred percent need to be supporting our military families54.

Notes

  • 1Le magazine Time rapporte ces paroles de Paul Rieckhoff : « There was all this stuff going on and no one was speaking for the troops. It was amazing and disgusting. No one was lobbying for them » (Klein 28). Aaron Glantz, journaliste ayant couvert la guerre en Iraq, fit le même constat à son retour, ce qui le conduisit à faire part de son expérience dans The War Continues: Washington’s Battles Against American Veterans (2009), où il fustige l’indifférence de ses concitoyens et l’incurie des services publics.
  • 2Elle a joué un rôle essentiel lors de l’élaboration des deux New GI Bills en 2008 et 2013 et lors du vote du Wow To Hire Heroes Act et du Clay Hunt Suicide Prevention for American Veterans Act (SAV), en 2011 et 2015.
  • 3Dans cet article, les termes « anciens combattants » et « soldats » font références aussi bien aux personnels masculins que féminins. Néanmoins les femmes soldats rencontrent un certain nombre de difficultés spécifiques qui seront mentionnées au cours de cet article.
  • 4L’IAVA définit ses objectifs à travers 4 mots clé : « Empowerment, Assistance, Awareness, Advocacy », <http://iava.org/about/> (consulté le 17 mai 2012 et le 17 juillet 2015).
  • 5Extrait du site de Purple Hearts Homes USA, <http://www.purplehearthomesusa.org/> (consulté le 17 mai 2012).
  • 6Extrait du site dePurple Hearts Homes USA, « Quality of Life Solutions for American Veterans », http://www.purplehearthomesusa.org/projects.htm. Le 11 décembre 2011, Bob Woodruff, a rendu hommage à l’association sur ABC News : « Men Protecting the American Dream », <http://abcnews.go.com/Nightline/video/home-building-veterans-wounded-purple-heart-war-disabled-heroes-15134282> et le 29 décembre 2011 sur Fox News : <http://video.foxnews.com/v/1351738403001/fox-flash-purple-heart-homes/> (sites consultés le 12 octobre 2012). CNN a classé Dale Beatty et John Gallina dans son Top Ten des Héros en 2013, <http://edition.cnn.com/2013/02/14/us/cnnheroes-beatty-veterans-homes/> (site consulté le 17 juillet 2015).
  • 7Operation Homefront, <http://www.operationhomefront.net/aboutus/>, site consulté le 20 juillet 2015. Cette association a été créée en 2002 pour venir en aide aux anciens combattants de la Guerre du Vietnam se retrouvant à la rue.
  • 8Voir l’article de Rosanne Haggerty, présidente de Community Solutions, « Cut Homelessness, Cut the Red Tape », The New York Times (24 mai 2012), <http://www.nytimes.com/roomfordebate/2012/05/24/how-should-the-us-support-returning-veterans/to-cut-veteran-homelessness-cut-the-red-tape> (site consulté 7 juillet 2012).
  • 9Depuis 2009, plus de 33 000 anciens combattants ont été logés dans des foyers, Kevin Hawryluck et Abigail Ridley-Kerr : « Veteran Poverty by the Numbers », Center for American Progress, 6 mars 2012, <http://www.americanprogress.org/issues/military/news/2012/03/06/11201/veteran-poverty-by-the-numbers/> (site consulté le 7 juillet 2012 et le 17 juillet 2015). Voir également infra, le complément de rapport des ministères du Logement et des Anciens Combattants, note 43.
  • 10Selon les informations postées sur le site de Hire Heroes USA, il y avait 573 000 anciens combattants au chômage en mars 2015 (statistique du ministère du Travail), < http://www.hireheroesusa.org/hire-a-veteran/overview/> (site consulté le 20 juillet 2015).
  • 11Son siège se trouve à Alpharetta en Géorgie.
  • 12Hire Heroes USA soulignait, en 2012, la méfiance des employeurs : « There are […] stigmas associated with veterans: some employers believe Iraq and Afghanistan veterans are not good job candidates due to physical or psychological disabilities. », <http://www.hireheroesusa.org/hire-a-veteran/overview/> (site consulté le 12 octobre 2012). Aujourd’hui, grâce aux initiatives de cette association – partenaire de plus de deux cents employeurs – ainsi qu’à l’engagement et à la détermination de l’administration Obama, ce n’est plus le cas.
  • 13« Hire Heroes USA Confirms 1,500 Veterans Hired in First Half of 2015 », https://www.hireheroesusa.org/category/latest-news/ (site consulté le 17 juillet 2015). 
  • 14Ils savent cependant que ce n’est qu’une des voies possibles, comme en témoigne la page consacrée par Team Rubicon en hommage à l’un de ses membres, Clay Hunt, souffrant de dépression, lors de son suicide en mars 2011. La loi signée par le président en février 2015, pour améliorer la prise en charge psychologique des anciens combattants souffrant de syndrome post-traumatique porte son nom.
  • 15Commandos-marines américains créés sous la présidence Kennedy pour intervenir lors de missions en terrain hostile en mer, dans les airs ou au sol (Sea, Air, Land).
  • 16Chaque boursier s’engage à effectuer 20 heures de travail hebdomadaire auprès d’une association à but non lucratif pendant 26 semaines.
  • 17Par exemple comme bénévole auprès d’associations pour la réinsertion professionnelle d’anciens combattants dans les hébergements d’accueil d’Operation Homefront, pour l’entraînement de chiens destinés à des anciens combattants handicapés, ou à la Fondation Travis Manion. Ceux qui reprennent des études s’investissent dans des projets proposés par l’association Student Veterans of America. Voir The Mission Continues, <http://missioncontinues.org/docs/featured-fellow-profiles/> (site consulté le 10 octobre 2012) et Elisabeth Kreff : « Serving Beyond the Uniform » dans l’ouvrage de Joshua W. Welle, 209-216.
  • 18La fondation mentionne sur son site certaines organisations nationales telles que : Habitat for Humanity, American Red Cross, Big Brothers Big Sisters et Mothers Against Drunk Driving.
  • 19< https://www.missioncontinues.org/our-brand/> ( site consulté le 23 juillet 2015).
  • 20Jake Wood est un ancien Marine qui a servi en Irak en 2007 et en Afghanistan en 2008 tandis que William McNulty, ancien Marine, a servi dans l’infanterie et dans les services de renseignements en Irak. Team Rubicon : <http://teamrubiconusa.org/bios/> (site consulté le 17 mai 2012 et le 17 juillet 2015).
  • 21Team Rubicon, < http://teamrubiconusa.org/about/> (site consulté le 17 juillet 2015).
  • 22Voir <http://www.teamrubiconusa.org/response/> (site consulté le 17 juillet 2015).
  • 23L’IAVA est très active dans ce domaine. Hire Heroes USA s’efforce de pallier les insuffisances des programmes de réinsertion mis en place conjointement par le ministère des Anciens Combattants et celui du Travail. Team Rubicon s’est beaucoup investi pour améliorer la prise en charge des anciens militaires victimes du syndrome de stress post-traumatique et la prévention des suicides.
  • 24« Remarks of the President at the 20th Anniversary of the Department of Veterans Affairs as a Cabinet Agency », (16 mars 2009), <http://www.whitehouse.gov/the-press-office/remarks-president-department-veterans-affairs> (site consulté le 16 mai 2012).
  • 25Cette loi prévoyait 1,4 milliard de dollars supplémentaires afin d’embaucher du personnel, de réduire le nombre de demandes en souffrance, et d’augmenter les dotations faites aux hôpitaux militaires pour améliorer la qualité des soins. Voir le rapport du ministère sur l’utilisation de ces fonds : Department of Veterans Affairs : Plan for American Recovery and Reinvestment Act of 2009 (ARRA) Recovery Act, (juin 2010), VA Recovery Act Plan- June10.pdf. Le 16 mars 2009, le président annonçait qu’il avait demandé au Congrès une augmentation du budget du ministère de 25 milliards sur 5 ans.
  • 26Strenghtening Our Military Families. Meeting America’s Committment, The White House, (14 janvier 2011), <http://www.whitehouse.gov/sites/default/files/rss_viewer/strengthening_our_military_families_meeting_americas_commitment_january_2011.pdf> (site consulté le 5 mai 2012).
  • 27Ils ont été notamment salués par l’ancien président de l’association Veterans for Common Sense, Paul Sullivan, qui avait intenté avec Veterans United for Truth une action collective contre le ministère des Anciens Combattants en 2007 à cause des délais de prise en charge des dossiers et du suicide de personnes souffrant de troubles mentaux. La Cour d’appel du 9ème Circuit, contrairement à la Cour de district, a statué en leur faveur en 2012 (Veterans for Common Sense v. Shinseki, 08-16728, Veterans v. Sinseki.pdf). Les faits remontent à 2005, sous la présidence de G.W. Bush. Cependant le délai de traitement des dossiers reste préoccupant, Duncan D. Hunter et Pete Hegseth analysaient, en 2013, les raisons de la persistance de ces difficultés en dépit de moyens financiers satisfaisants, « The VA is Failing Veterans » The Washington Post (1o avril 2013), <https://www.washingtonpost.com/opinions/the-va-is-failing-veterans/2013/04/10/0fd9e264-a1f9-11e2-82bc-511538ae90a4_story.html> (site consulté le 17 juillet 2015).
  • 28Voir le Washington Post du 26 juillet 2012, « Panetta, Shinseki, Acknowledge Frustration in Streamlining Military Healthcare » : « At a rare joint appearance before the House Armed Services and House Veterans Affairs committees, the secretaries pointed to what they called unprecedented cooperation between their two departments in battling some of their most pressing problems, including the high rate of military suicide and the huge backlog of disability claims », <http://articles.washingtonpost.com/2012-07-26/local/35486816_1_service-members-military-health-care-military-suicide> ( site consulté le 18 juillet 2012et le 17 juillet 2015).
  • 29Selon les statistiques du ministère des Anciens Combattants, en 2010, 26% souffraient du syndrome de stress post-traumatique, 26% de dépression sévère et 79% d’un mélange des deux soit 171 423 sur 593 634 patients soignés dans les services médicaux des armées ; 84 005 ont obtenu des indemnités. De l’avis des spécialistes, le fait que les mêmes unités aient été déployées plusieurs fois en Irak et en Afghanistan accroît les risques de souffrir de troubles mentaux.
  • 30Daniel Politi, « 45% of Afghanistan, Iraq Vets Seek Disability », The Slatest (27 mai 2012).
  • 31Statistique donnée par la Maison-Blanche, <http://www.whitehouse.gov/joiningforces> (site consulté le 25 mai 2012).
  • 32Mark Thomson et Nancy Gibbs, « More U.S. Soldiers Have Killed Themselves Than Have Died In the Afghan War. Why Can’t the Army Win the War on Suicide », Time (23 juillet 2012) 35-43. Voir également Nicholas D. Christof, « A Veteran’s Death. The Nation’s Shame », The New York Times (15 avril 2012), <http://www.nytimes.com/2012/04/15/opinion/sunday/kristof-a-veterans-death-the-nations-shame.html?pagewanted=2&_r=1&ref=opinion> ( site consulté le 5 mai 2012).
  • 33Voir Mike Mullen et Steven A. Cohen, « A Welcome-Home Gift to Veterans: Jobs », The Washington Post (7 mai 2012). Ils sont co-fondateurs de la Fondation Robin Hood. L’article précise que 18 soldats rentrant d’Irak ou d’Afghanistan se suicident chaque jour. Selon une étude effectuée par le National Institute of Mental Health, le nombre des suicides est en constante augmentation depuis 2009, soit 22 suicides par jour en mars 2014.
  • 34Certains témoignages de familles d’anciens combattants s’étant suicidés souligne l’importance de pouvoir joindre un de ces centres d’appel très rapidement : voir Steve Vogel, « Military Families Share Suicide of Soldiers Who Sought Help », The Washington Post (22 juin 2012), <http://www.washingtonpost.com/politics/2012/06/21/gJQAFB1GvV_story.html> (site consulté le 12 juillet 2015).
  • 35« After the Wars: Post Kaiser Survey of Afghanistan and Iraq Veterans », The Washington Post, (12 novembre 2014), <http://www.washingtonpost.com/page/2010-2019/ WashingtonPost/2014/03/30/National-Politics/release_305.xml/> (site consulté le 30 novembre 2014).
  • 36Voir, Emily Wax-Thibodeau, « One Year After VA Scandal the Number of Veterans Waiting for Care Is Up Fifty per Cent », The Washington Post, (23 juin 2015), <http://www.washingtonpost.com/blogs/federal-eye/wp/2015/06/23/one-year-after-va-scandal-the-number-of-veterans-waiting-for-care-is-up-50-percent/> ( site consulté le 23 juin 2015), et Lisa Rein, « VA Says It Will Start to Close Hospitals in Weeks, If Congress Does Not Plug Its Budget Hole », The Washington Post, (17 juillet 2015), <http://www.washingtonpost.com/blogs/federal-eye/wp/2015/07/17/va-says-it-will-start-closing-hospitals-in-weeks-if-congress-doesnt-help-plug-its-budget-hole/?wpisrc=nl_headlines&wpmm=1> (site consulté le 17 juillet 2015).
  • 37Charles Lane, « Why Don’t We Just Abolish the VA? », The Washington Post, (22 avril 2015), <https://www.washingtonpost.com/opinions/caring-for-veterans-is-our-national-responsibility/2015/04/22/ae61eb88-e929-11e4-aae1-d642717d8afa_story.html> (site consulté le 20 mai 2015).
  • 38Voir Philippe Bernard, « La réinsertion, défi des anciens combattants d’Irak », Le Monde (21 décembre 2011), <http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/12/21/la-reinsertion-defi-des-anciens-combattants-d-irak_1621054_3218.html> (site consulté le 22 décembre 2011).
  • 39Ce projet de loi a été proposé par un sénateur démocrate de Virginie, Jim Webb, qui avait servi au Vietnam. Initialement, John McCain s’y est opposé et G. W. Bush a menacé d’y opposer son veto. Le Post 9/11 Veterans Educational Assistance Improvement Act en a amendé certaines dispositions, entrées en vigueur en août et octobre 2011. L’ImprovingTransparency of Educational Opportunities for Veterans Act voté par la Chambre le 20 décembre 2012 a encore amélioré les possibilités des anciens combattants étudiants de poursuivre des études ou de faire une formation professionnelle. Depuis un second GII bill a été voté, voir note 2.
  • 40Voir Elaine Sanchez, « DoD Works to Ease Troops Transition to Credentialed Jobs », American Forces Press Service(22 février 2012), <http://www.defense.gov/News/NewsArticle.aspx?ID=67290> (site consulté le 18 juillet 2015).
  • 41Le président, qui avait demandé au Congrès de prendre ces mesures dès la rentrée parlementaire en septembre 2011, a signé le texte de cette loi le 21 novembre de la même année. Voir « Remarks by the President on the Administration’s Work to Prepare Our Nation’s Veterans for the Workforce » le 5 août 2011, <http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2011/08/05/remarks-president-administrations-work-prepare-our-nations-veterans-work>, et l’annonce de la signature de la loi sur le blog de la Maison-Blanche, « President Obama : Hire a Veteran », <http://www.whitehouse.gov/blog/2011/11/21/president-obama-hire-veteran> (sites consultés le 16 juillet 2012).
  • 42En 2014, le taux de chômage des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan (Gulf War II Veterans) a reculé de 1,8% (soit 7,2%) ; 29% d’entre eux souffrent d’un handicap. L’administration fédérale et les administrations étatiques ont fait un effort significatif pour embaucher des anciens combattants handicapés. « Employment Situation of Veterans Summary », BLS, (18 mars 2015), <http://www.bls.gov/news.release/vet.nr0.htm> (site consulté le 24 avril 2015).
  • 43Greg Zoroya, « 20,000 Military Members, Vets Faced Foreclosure in 2010 », USA Today(2 avril 2011), <http://usatoday30.usatoday.com/news/military/2011-02041Avetforeclosures04_ST_N.htm> (site consulté le 12 juillet 2012 et le 18 juillet 2015). En mars 2012, le président avait annoncé des mesures complémentaires pour les anciens combattants et les propriétaires pour éviter de nouvelles faillites.
  • 44James Dao, « Study Finds Slight Decline in Veterans Using Shelter », The New York Times (28 octobre 2011), <http://www.nytimes.com/2011/10/29/us/study-finds-slight-decline-in-veterans-using-shelters.html> (site consulté 17 mai 2012). Cet article rend compte du rapport suivant : Veteran Homelessness: A Supplemental Report to the 2010 Annual Homeless Assessment Report to Congress, The Department of Housing and Urban Development (HUD) and the Department of Veterans Affairs (VA), (26 octobre 2011), <http://www.hudhre.info/documents/2010AHARVeteransReport.pdf> (site consulté le 15 mai 2012).
  • 45Leur nombre a diminué de 33% entre 2009 et 2014, voir « Veterans Homelessness in America from 2013 to 2014 » Fact Sheet, 23 avril 2015,<http://www.endhomelessness.org/library/entry/veteran-homelessness-in-america-from-2013-to-2014> (site consulté le 18 juillet 2015). Le pourcentage varie d’un État à l’autre.
  • 46Joining Forces, sur le site de la Maison-Blanche : <http://www.whitehouse.gov/issues/veterans et http://www.whitehouse.gov/joiningforces/about> (site initialement consulté le 24 mai 2012). Le programme a été lancé le 11 avril 2011. En 2009, Michelle Obama avait présidé le lancement de Mission Serve qui regroupe 250 associations à but non lucratif dont les projets pour les anciens combattants sont coordonnés par Service Nation. En avril 2012, Michelle Obama et Jill Biden ont expliqué pourquoi elles ont créé un programme pour améliorer la prise en charge des soldats souffrant de syndrome post- traumatique : « Invisible Wounds: First Lady Michelle Obama and Dr. Jill Biden Announce Nursing Initiative to Care for Veterans with PTSD », The Huffington Post (13 avril 2012), <http://www.huffingtonpost.com/charles-howard/michelle-obama-jill-biden-ptsd-project_b_1424484.html>, Brad Cooper, « New Commitments Will Improve Healthcare for Our Heroes », (11 janvier 2012), <http://www.whitehouse.gov/blog/2012/01/11/new-commitments-will-improve-health-care-our-heroes> (sites consultés le 7 octobre 2012).
  • 47Par exemple, en avril 2012, Joining Forces a apporté son soutien à la National 4H Youth Conference sponsorisée par le ministère de l’Agriculture : <http://www.veteransnewsnow.com/2012/03/26/dr-jill-biden-military-support-will-define-future-leaders/> (site consulté le 7 octobre 2012).
  • 48Le 22 août 2012, Michelle Obama annonçait que 125 000 anciens combattants (ou leur conjoint) avaient été embauchés et formés par des entreprises du secteur privé depuis le lancement de Joining Forces, <http://www.whitehouse.gov/joiningforces> (site consulté le 7 septembre 2012). Depuis, de très nombreux liens ont été ajoutés afin de faciliter la recherche d’emploi des anciens combattants : en particulier pour les plus jeunes sans diplôme et les femmes, <http://www.whitehouse.gov/joiningforces/ressources/> (site consulté le 10 septembre 2013). Les États ont été encouragés à voter des lois afin de permettre aux femmes de militaires, infirmières ou enseignantes de renouveler leur licence sans difficulté (Military Spouse Licence Portability), lorsqu’elles doivent s’installer dans un autre État en raison des missions de leur époux et ainsi assurer la subsistance de leur famille. Le 30 avril 2013, Michelle Obama a annoncé que 36 États avaient légiféré dans ce sens – ils étaient seulement 26 en août 2012.
  • 49Il y a 14,5% de femmes dans les différentes unités et 18% dans la Garde Nationale. Les mères qui élèvent seules de jeunes enfants ont plus de difficultés à retrouver un emploi et un logement. Un certain nombre de ces anciennes militaires souffrent non seulement de blessures de guerre mais aussi de traumatismes dus à une agression sexuelle, Patricia Leigh Brown, « Trauma Sets Female Veterans Adrift Back Home », The New York Times, (27 février 2013), <http://www.nytimes.com/2013/02/28/us/female-veterans-face-limbo-in-lives-on-the-street.html?pagewanted=all> (site consulté le 8 mars 2013) et Peyton M. Craighill, « The Wars’ Toll on Female Iraq and Afghanistan Veterans », The Washington Post, (14 avril 2014), <http://www.washingtonpost.com/news/post-nation/wp/2014/04/14/the-wars-toll-on-female-iraq-and-afghanistan-veterans/> (site consulté 15 avril 2014).
  • 50Remarks by the First Lady at Joining Forces Employment Event, Manassas, Virginia, (23 avril 2015), <https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2015/04/23/remarks-first-lady-joining-forces-employment-event>, (site consulté 25 avril 2015).
  • 51<http://www.whitehouse.gov/blog/2012/01/11/new-commitments-will-improve-health-care-our-heroes> (site consulté le 7 septembre 2012).
  • 52Au début de l’année 2013, il restait encore 68 000 soldats en Afghanistan.
  • 53Le 24 mai 2012, le New York Times a consacré une série d’articles à la question de l’aide à apporter aux soldats rentrant d’Irak et d’Afghanistan intitulée « How Should the US Support Returning Veterans ? ». Dans « A Good Job is a Good Start », Michael Beckler, ancien combattant au Vietnam, directeur de l’antenne de l’association Swords-to-Plowshares en Califormie, s’adressant aux employeurs, leur rappelait leurs obligations en des termes similaires, <http://www.nytimes.com/roomfordebate/2012/05/24/how-should-the-us-support-returning-veterans/veterans-need-job-training-and-jobs> (site consulté le 7 juillet 2012). Rebekah Havrilla, membre du Service Women’s Action Network, attirait quant à elle, l’attention sur les problèmes spécifiques des femmes démobilisées et Frank Shaeffer soulignait que les jeunes qui se sont enrôlés dans l’armée et ont servi sur ces deux théâtres de guerre appartiennent le plus souvent à des familles très modestes, peu susceptibles de pouvoir les aider financièrement.
  • 54Remarks by the President to the American Legion National Convention, Charlotte, North Carolina, (26 août 2014), <https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/08/26/remarks-president-american-legion-national-convention> (site consulté le 28 août 2014).

Bibliographie

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  • Klein, Joe. « The New Greatest Generation: How Young U.S. War Veterans Are Redefining Leadership at Home ». Time, 29 août 2011: 24-31.
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  • Thompson, Mark & Nancy, Gibbs. « More U.S. Soldiers Have Killed Themselves Than Have Died In the Afghan War. Why Can’t the Army Win the War on Suicide ». Time, 23 juillet 2012: 35-43.
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  • Welle, Joshua W. Ed. In the Shadow of Greatness: Voices of Leadership, Sacrifice, and Service from America’s Longest War: the U.S. Naval Academy Class of 2002. Annapolis (MD): The Naval Institute Press, 2012.

About the author(s)

Biographie : Elisabeth Boulot est Maître de Conférences HDR à l’université Paris Est marne-la-Vallée en civilisation américaine. Sa recherche porte essentiellement sur la politique des États-Unis et la jurisprudence de la Cour suprême.
Publications récentes : Elisabeth Boulot, Ed. Politique, démocratie et culture à l’ère du numérique. Paris: L’Harmattan, 2011; « Le Social Security Act (1935): loi emblématique du New Deal politique, économique et social des années Roosevelt c. Les années Roosevelt aux États-Unis (1932-1945) : entre New Deal et ‘Home Front ». Frédéric Robert. Ed. Paris: Ellipses, 2013, 133-44; « Mourn the Dead, Heal the Wounded. End the War: Women’s Contributions to Protest Culture During the Iraq War ». Loss and Innocence:Representations of War and National Identity in the United States. Cristina Alsina Riquez and Cynthia Stretch. Eds. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, 2014, 169-192; « Combating Age Discrimination in the Workplace: A Study of the United States’ Rights-Based Response ». Alive and Kicking at All Ages: Cultural Constructions of Health and Life Course Identity. Ulla Kriebernegg, Roberta Maierhofer, Barbara Ratzenböck. Eds. Biefeld, Autriche: Transcript Verlag, 2014, 131-149.

Biography: Elisabeth Boulot is senior lecturer at the Université Paris Est Marne-la-Vallée, France. She is accredited to supervise doctoral studies in American Studies. Her main areas of research are American Politics and Law.
Recent publications: Elisabeth Boulot, Ed. Politique, démocratie et culture à l’ère du numérique. Paris: L’Harmattan, 2011; « Le Social Security Act (1935): loi emblématique du New Deal politique, économique et social des années Roosevelt c. Les années Roosevelt aux États-Unis (1932-1945) : entre New Deal et ‘Home Front ». Frédéric Robert. Ed. Paris: Ellipses, 2013, 133-44; « Mourn the Dead, Heal the Wounded. End the War: Women’s Contributions to Protest Culture During the Iraq War ». Loss and Innocence:Representations of War and National Identity in the United States. Cristina Alsina Riquez and Cynthia Stretch. Eds. Newcastle upon Tyne, UK: Cambridge Scholars Publishing, 2014, 169-192; « Combating Age Discrimination in the Workplace: A Study of the United States’ Rights-Based Response ». Alive and Kicking at All Ages: Cultural Constructions of Health and Life Course Identity. Ulla Kriebernegg, Roberta Maierhofer, Barbara Ratzenböck. Eds. Biefeld, Autriche: Transcript Verlag, 2014, 131-149; « William Rehnquist, Sandra O’Connor, Anthony Kennedy et la défense du pouvoir des états ». Les Républicains : De Dwight D. Eisenhower à George W. Bush (1952-2008). Frédéric Robert. Ed. Paris: Ellipses, 2015, 109-122.